L’Europe face aux défis de 2020

L’Europe face aux défis de 2020

Dans le cadre du cycle « Enjeux géopolitiques »

Depuis la crise financière de 2008, la colère populaire n’est pas retombée, loin s’en faut. Alimentées par les réseaux sociaux qui se sont développés et ramifiés depuis lors, des campagnes récurrentes sont menées contre le fonctionnement des démocraties, les inégalités sociales, l’insécurité économique, la distance d’avec les élites et les grands centres urbains, l’économie financière et tous les phénomènes liés à la mondialisation.

Ces réactions se sont manifestées clairement lors du vote sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne le 23 juin 2016 et l’année suivante avec l’élection de Donald J. Trump à la présidence des Etats Unis d’Amérique.

En Europe, l’arrivée au pouvoir de partis autoritaires et hostiles à la démocratie libérale, notamment en Pologne et en Hongrie mais qui sont également  présents dans  la plupart des pays du continent a été amplifiée par la vague migratoire non maîtrisée de 1995. L’Allemagne, qui s’est voulue terre d’accueil, en a été durablement fragilisée ; la crise a favorisé l’accès du parti d’extrême droite AfD au Bundestag. C’est sans doute une étape importante de la transformation de la scène politique européenne.

Cependant, les mouvements libéraux partisans de l’état de droit, de la liberté d’opinion et d’une économie ouverte ont remporté quelques succès : à cet égard l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République française a eu valeur de test et de contre-poids. Ayant porté au pouvoir l’un des champions de l’illibéralisme, l’ Italie a fini par rejeter la politique anti-migratoire et anti-européenne de M Salvini.  Les élections au Parlement européen deux ans plus tard ont permis d’endiguer l’avance des populistes anti-européens : si ces derniers se sont renforcés, ils n’ont pas obtenu la majorité qu’on leur prédisait.

L’un des traits caractéristiques du mouvement anti-libéral en Europe tient aux relations très particulières de ces partis et de leurs chefs avec M. Vladimir Poutine, le président de la Fédération de Russie, dont ils sont les admirateurs et qui les soutient ouvertement et parfois  clandestinement. Les dirigeants des partis  hongrois, italiens, autrichiens de cette mouvance ont entretenu des liens personnels avec le président russe. Des transactions financières occultes avec des institutions liées à la Russie  ont été mises à jour, telles que celles qui ont provoqué la chute du FPOE en Autriche, entraînant des élections générales.

L’intervention des services russes spécialisés dans la sphère cybernétique ont été signalés notamment dans les opérations électorales en France et en Allemagne mais tous les pays occidentaux se montrent particulièrement vigilants à cet égard.

Brochant sur le tout, les tensions entre la Russie et les pays membres de l’OTAN, avivées par l’annexion de la Crimée  et la « drôle de guerre » du Donbass depuis 2014 menacent la paix et la sécurité du continent. Ponctuée d’incursions militaires dans l’espace aérien et maritime de pays du Nord et de l’Ouest de l’ Europe, d’incidents divers , d’espionnage, d’enlèvements ou d’assassinats (affaire Skipral au Royaume Uni), la relation avec Moscou est de plus en plus difficile. Des contre-mesures ont été décidées pour garantir la sécurité des pays baltes, avec la participation de troupes américaines. Les relations diplomatiques se ressentent de ces accès de fièvre. La montée des périls n’est cependant pas linéaire et des signes de détente ont pu être observés notamment sous l’impulsion du Président Macron (échange de prisonniers, restitution de navires, reprise du dialogue avec l’Ukraine etc).

Sans aller jusqu’à la confrontation, l’Union européenne a également des différends avec les Etats Unis qui touchent à la sécurité et aux échanges. Une concurrence stratégique plus musclée se dessine avec la Chine. Y a-t-il une issue à ces divers problèmes, qui rendent extraordinairement complexe la situation de l’Europe en ce début de 2020 ? 


A propos du conférencier

François Nordmann

François Nordmann

Chroniqueur de politique étrangère au journal Le Temps
Juriste de formation, il entre au département des affaires étrangères en 1971 et sera affecté à Berne et Londres. Secrétaire du Chef du Département –successivement... Lire la suite
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