La sécurité : amie ou ennemie des mortels ?
Dans le cadre du cycle « Enjeux et perspectives de mi-législature »
mardi 01 octobre 2019
18:30
En démocratie, l’Etat a pour devoir de protéger la liberté en garantissant la sécurité des citoyennes et des citoyens. Cette sécurité affleure à tous les niveaux : celle du corps, celle de l’esprit, celle des biens.
Mais trop de sécurité ne risque-t-elle pas de tuer la sécurité ? Et par étouffer la liberté ? Ne faut-il pas a contrario cultiver une forme d’insécurité, laquelle joue le rôle de catalyseur indispensable à l’évolution de nos sociétés humaines ? Jusqu’où les politiques publiques doivent-elles garantir la sécurité, ce bien public essentiel à la bonne marche de nos institutions politiques ?
« …Et toutes vous savez combien sécurité est pour les mortels la pire ennemie. »
Par la bouche d’Hécate, déesse de la lune et divinité de la magie s’adressant à l’assemblée des sorcières, Shakespeare (Macbeth, III, 5) nous met en garde : en effet, convaincu de son invulnérabilité, Macbeth finira par précipiter lui-même sa propre perte.
Qu’en est-il dans nos sociétés modernes ? Quel rapport entretenons-nous avec ce bien public qu’est la sécurité ? A trop vivre en sécurité, ne risque-t-on pas d’endormir notre vigilance ? De provoquer chez les uns un sentiment d’invincibilité et de démesure, au péril de leur survie et de celle de leur entourage ? A trop vouloir la sécurité, ne risque-t-on pas d’anesthésier nos sens ? N’est-ce pas là un moyen de porter atteinte à notre liberté ? D’endormir chez les autres tout esprit d’entreprise, tout sentiment de responsabilité individuelle, d’aspiration au changement, de lutte pour améliorer leur condition ?
Entre ces deux extrêmes, c’est à l’Etat qu’il revient, en démocratie, d’adapter et d’ajuster sans cesse ses politiques afin de maintenir un équilibre.
mardi 01 octobre 2019
18:30
INGE
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1er étage - Les Salons
Mauro Poggia
Conseiller d’Etat élu en 2013 puis en 2018, Mauro Poggia est actuellement chargé du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé (DSES) du canton de Genève. Entre 2013 et 2018, le magistrat a dirigé celui de l’emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS) et puis brièvement entre 2018 et 2019, celui de l’emploi et de la santé, avec également, sous sa responsabilité, les offices des poursuites et des faillites.
Entre 1983 et 2013, M. Poggia a exercé en tant qu’avocat au barreau, spécialisé dans le domaine des assurances et du droit à la santé. Il a présidé durant quinze ans l’Association suisse des assurés à Genève (ASSUAS). M. Poggia a été député au Grand Conseil de 2009 à 2013 et conseiller national entre 2011 et 2013. Il a présidé la Conférence latine des affaires sanitaires et sociales (CLASS) en 2017 et 2018.
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